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- Axe 2 - Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale

Fabrique du politique : Nouvelles formes de représentativité et positionnements interethniques
Programme du GDRI APOCAMO "Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale" (2012-2016) (partenaires LAS, MAEE, EHESS, Université Nationale de Colombie, Pontificia Universidad Católica de Lima)(coord. J.-P. Chaumeil)

Les dernières décennies ont vu surgir un phénomène sans précédent, dans l’histoire coloniale et postcoloniale de l’Amérique du Sud, de participation et d’intégration de leaders amérindiens à des fonctions gouvernementales décisives. Les recherches menées dans cet atelier thématique interrogent les éventuelles transformations des conceptions indigènes du politique qu’entraînent ces nouvelles formes de représentativité et d’implication politique, en associant la réflexion aux questions d’inter-ethnicité. Elles se concentrent sur les basses terres d'Amérique du Sud, depuis les régions péruviennes et colombiennes jusqu’aux Guyanes, incluant ainsi des situations historiques et politiques contrastées.
Ce Groupement de Recherche International, réunit des chercheurs et enseignants d’Universités du Pérou, de Colombie, ainsi que du LAS. Il a démarré en 2012 pour une durée de quatre ans, sous l’impulsion de J.-P. Chaumeil qui en est son coordinateur (jusqu’en 2014).

Les recherches entendent analyser de manière comparative le processus actuel - et en partie inédit- de construction d'une représentativité politique indigène dans les basses terres d'Amérique du Sud, en essayant de démontrer les spécificités propres à chaque pays ou région et la façon dont s'y déplacent les frontières du politique aujourd'hui. En effet, depuis au moins trois décennies, les sociétés indigènes d’Amazonie sont devenues des sujets actifs - pour ne pas dire des acteurs de premier plan - sur l’échiquier politique des pays amazoniens. Leurs revendications politiques trouvent également un large écho au niveau international. Ce phénomène de « fabrication du politique », ou si l’on préfère de politisation du mouvement indigène par les indigènes eux-mêmes, s’observe dans tous les pays andins avec des particularités et des intensités différentes selon les cas. Ce projet a pour objectif d’analyser de manière comparative ce processus de construction d’une représentativité politique indigène en essayant de montrer les spécificités propres à chaque pays concerné (Pérou et Colombie en particulier) et la façon dont s’y déplacent les frontières du politique aujourd’hui et s’y recompose l’exercice de la démocratie.
Si la tendance générale est donc bien la participation du mouvement indigène au jeu politique national, il n’en demeure pas moins que la réalisation d’un tel projet demeure complexe. Les tentatives de récupération ou de corruption menées par les parties politiques en place sont nombreuses, tout comme les tentatives de création et de financement d’organisations indigènes parallèles sans représentativité pour affaiblir ou discréditer politiquement les organisations existantes et légalement reconnues. Il y a là tout un domaine d’études à développer pour comprendre ces processus dont l’importance est cruciale non seulement pour l’avenir du mouvement indigène mais aussi pour saisir les mutations actuelles du champ politique dans les pays andins.
Ce qui paraît en tout cas intéressant, et en partie inédit, c’est la façon dont les communautés amazoniennes (au Pérou en particulier) parviennent à construire une représentativité politique en s’engageant simultanément dans des processus électoraux très officiels (mairie, représentation au Congrès, etc.), c’est-à-dire en se positionnant dans l’Etat - et non plus face à l’Etat - tout en poursuivant dans des voies non gouvernementales et activistes pouvant déboucher sur des orientations en tout point contraires à celles préconisées par l’Etat. Cette tension entre ces différentes façons de produire du politique soulève de nombreuses interrogations, en particulier : comment ces formes actuelles du politique se construisent-elles en continuité (ou non) avec les modèles traditionnels des systèmes politiques autochtones? Quelles sont les stratégies symboliques et pratiques que ces nouveaux dirigeants mobilisent pour faire face à ces deux mondes, et pour légitimer leur statut dans les deux référentiels?
Le programme APOCAMO, basé sur des travaux de terrains, sera organisé autour de rencontres bisannuelles de l’ensemble des participants. Trois journées GDRI APOCAMO ont été organisées.

>> 1er Workshop APOCAMO, les 20 et 21 septembre 2012, à Lima "Politique indigène amazonienne et droit à la consultation au Pérou et en Colombie" (org. J.-P. Chaumeil, O. Espinosa)
>> 2ème workshop 15 novembre 2012 à Leticia (Colombie) "Politiques indigènes et frontières géopolitiques. Région frontalière du Trapèze" (org. J.P. Chaumeil & IMANI)
>> 3ème workshop "Autonomización política indígena y 'plans de vie' " , les 9 et 10 mai 2013 à Iquitos (Pérou) (org. J.-P. Chaumeil et O. Espinosa)
>> 4eme worskshop aura lieu en novembre 2013 à Quito (Equateur)